Satires obligatoires

Après avoir créé la Suisse, Dieu a bien dû se rendre compte qu’il manquait quelque chose, mais quoi ? Heureusement, après plus de 700 ans de réflexion, il a enfin trouvé le complément indispensable aux banques, au chocolat, aux montres et autres nains de jardins: un imitateur ! Car Yann Lambiel est non seulement le seul, mais le premier à imiter ces personnalités helvétiques que l’on disait si peu médiatiques. Qu’à cela ne tienne, Yann Lambiel les a rendues médiatiques !

Grâce à lui et à sa voix, Pascal Couchepin, Ruth Dreifuss, Moritz Leuenberger, Claude Frey, Bertrand Piccard, Michel Bühler, Pascal Auberson et une vingtaine d’autres interviennent chaque dimanche en direct dans La Soupe est Pleine sur la Première, plus vrais que nature.

Les personnalités suisses, Yann Lambiel les a mises en bouche à la radio. Et maintenant, sur scène, il les met en joue.

Partant du principe que tout le monde ne connaît pas forcément le personnel politique suisse, de même que nos «vedettes» des sports, des médias et de la «culture», Yann Lambiel a choisi pour fil rouge une sorte de petit cours d’instruction civique.

A l’aide d’un tableau où il inscrit les noms des différentes personnalités imitées, il s’amuse à surfer sur ce flot de gens célèbres, alternant petites «vacheries» et sketches plus conséquents.

De toute manière, chacun y aura droit, mais pas forcément dans l’ordre attendu.

Citons par exemple «Dolfi a dit», qui raconte par le menu la passion (toute nouvelle) d’Adolf Ogi pour les livres, passion l’incitant même à écrire ses mémoires. A titre de scoop, Yann Lambiel montrera également et en première mondiale ce qui s’est réellement passé dans la nacelle du ballon de Bertrand Piccard.

Pour les plus courageux, Patrick Ferla posera une question. De même, on pourra assister à la métamorphose de Michel Bühler, chanteur toujours rebelle, mais qui clame sa révolte en se soumettant à la mode, de la guitare sèche au rap et du rap à la techno.

On assistera aussi, en exclusivité, au tournage du dernier (très) long métrage de Jean-Luc Godard, modestement intitulé «L’Ancien Testament et le Nouveau Testament».

Joseph Deiss tentera d’expliquer au public ce que le PDC compte de sensibilités, ce qui s’annonce pour le moins longuet, mais sans doute pas beaucoup plus qu’un discours de Samuel Schmid qui, transformé en «homme qui valait trente milliards» vaudra son pesant d’or et c’est le cas de le dire.

Néanmoins et pour empêcher l’ennui de s’installer définitivement, Ruth Dreifuss régalera ses collègues de contes pour enfants (légèrement trafiqués). Différents contes ayant pour point commun de mettre en scène un personnage (haut) en couleurs des Chambres fédérales et dont on ne peut dire ici pour ne pas dévoiler le pot-aux-roses qu’il n’est pas très grand et accessoirement conseiller national neuchâtelois.

Bref, c’est en quelque sorte une petite fresque de cette Suisse sept fois centenaire que Yann Lambiel vous propose. Avec ses personnages les plus représentatifs, parmi les quels on trouvera, outre ceux déjà cités: Leuenberger, Chapuisat, Rosset, Blocher, Eicher, Auberson et bien entendu la star: Pascal Couchepin. Qui se verra sacré pour l’occasion à une fonction dont il a sans doute maintes fois rêvé : celle d’empereur romain.

Avé Caïus Couchepin !


Crédit et remerciements

PRODUCTION ARTISTIQUE
YVAN FRESARD

TEXTES
THIERRY MEURY
LAURENT FLUTSCH

MISE EN SCENE
THIERRY MEURY
 
TECHNIQUE SON/LUMIERE
PIERRE-ALAIN FUMEAUX

ARRANGEMENTS MUSICAUX
SANDRINE VIGLINO
RAPHAEL MAILLER

COSTUME
SIBYLLE BLANC
SONIA LAMBIEL